Comme attendu, le Maroc et le Royaume-Uni ont scellé, samedi à Londres, un accord d’association global. La convention restitue, dans le contexte des relations bilatérales, l’ensemble des avantages qu’ils s’accordaient mutuellement dans le cadre de l’Accord d’association Maroc-Union européenne.

Signé par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le Secrétaire d’Etat auprès du ministère britannique des Affaires étrangères, Andrew Murrison, chargé de la région Mena, l’accord entrera en vigueur une fois le Brexit consommé.

Outre cet accord, les deux parties ont procédé à la signature de trois instruments juridiques. Une déclaration politique et deux conventions, sous forme d’échange de lettres. L’une portant sur un mécanisme de règlement des différends et l’autre sur l’accès au marché britannique de l’ensemble des produits marocains y compris ceux en provenance des provinces du Sud.

«S’il est vrai que les trois instruments juridiques sont signés dans la perspective d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, il n’en demeure pas moins qu’ils ne préjugent en rien du débat national interne concernant le Brexit. Leur entrée en vigueur est prévue après la sortie officielle du Royaume-Uni de l’UE», a expliqué Nasser Bourita.

En revanche, ces instruments permettent de circonscrire l’impact d’un Brexit, notamment sur les relations économiques et commerciales entre les deux pays, et de transformer ce défi en véritable opportunité pour le développement continu de nos relations bilatérales, a-t-il affirmé.

La transposition au niveau bilatéral de l’Accord d’association est un moyen de préserver l’ensemble des acquis, politique, juridique, économique, sectoriel et territorial, obtenus dans le cadre des relations stratégiques entre le Maroc et l’Union européenne.

Avec cet accord, la sortie du Royaume-Uni de l’UE ne créera aucune rupture dans la relation bilatérale entre Rabat et Londres. Le document  assure une transition harmonieuse, qui maintient la fluidité des échanges et garantit leur sécurité, tandis que l’échange de lettres sur le mécanisme de règlement des différends peut être conçu comme une mesure de prévention.

De même, l’échange de lettres permet aux produits issus de toutes les régions du Maroc d’accéder, aux mêmes conditions et sans discrimination aucune, au marché britannique. La réciprocité s’applique également.

La continuité et la visibilité nécessaires aux opérateurs économiques ainsi que la sécurité indispensable au développement d’investissements croisés sont assurées. De même, a ajouté Bourita, la complémentarité déjà effective entre les économies des deux pays est consolidée.

Quant à la déclaration politique, elle confirme l’engagement mutuel à consolider et renforcer les relations bilatérales ciblant l’établissement d’un partenariat stratégique ambitieux et durable».

Pour le chef de la diplomatie marocaine, «c’est le couronnement d’un processus soutenu avec les partenaires britanniques en vue de répondre aux effets induits par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne». Précisant qu’à travers la signature de ce document «les deux parties ont réussi à transformer le défi du Brexit en une véritable opportunité pour le développement continu de nos relations bilatérales».

Echanges, IDE et flux des MRE 

En 2018, les échanges commerciaux entre le Maroc et le Royaume-Uni se sont chiffrés à 18,3 milliards de DH, soit un peu moins de 4% de l’ensemble des transactions avec l’UE. La même année, les exportations marocaines ont totalisé 8 milliards de DH, faisant du  Royaume-Uni le 7e  client du Maroc et le 11e fournisseur dans le cadre de l’accord de libre-échange liant le pays à l’UE.
A fin mars 2019, les achats marocains ont atteint 2,43 milliards de DH contre 1,87 milliard pour les ventes alors que les IDE britanniques ont totalisé 2,23 milliards de DH sur la même période. S’ajoutent les transferts des MRE qui ont culminé à 5,1 milliards de DH, soit 9% du total des flux. Sur ce chapitre, le Royaume-Uni représente la troisième source des transferts MRE.

Source : leconomiste.com